Guide médical complet mis à jour en octobre 2026 • Temps de lecture : 18 minutes
Introduction : Le Bilan Hépatique, un Examen Courant Souvent Mal Compris
Le bilan hépatique fait partie des analyses de sang les plus prescrites en France : bilan de santé, surveillance d'un traitement, suivi d'un diabète, fatigue ou jaunisse inexpliquée. Sur la feuille de résultats, il se résume pourtant à une série de sigles peu parlants — ASAT, ALAT, gamma-GT, PAL, bilirubine — dont certains apparaissent en gras dès qu'ils dépassent la norme.
Un bilan hépatique perturbé est une découverte fréquente qui, le plus souvent, n'a rien d'urgent. Il ne faut pas pour autant l'ignorer : des transaminases élevées de façon durable, une gamma GT élevée sans explication ou une bilirubine élevée méritent d'être comprises et discutées avec votre médecin.
Ce guide détaille chaque paramètre, les valeurs de référence, les grands profils (cytolyse, cholestase), le rapport ASAT/ALAT, le score FIB-4 et les situations urgentes. Pour les autres analyses, consultez notre guide complet d'interprétation de prise de sang.
À retenir : Un bilan hépatique s'interprète comme un ensemble. Le type d'anomalie (quels marqueurs augmentent), son intensité (combien de fois la normale) et sa durée (le résultat d'un contrôle quelques semaines plus tard) comptent davantage qu'une valeur isolée légèrement au-dessus de la norme.
Qu'est-ce que le Bilan Hépatique ?
Le foie stocke les nutriments, fabrique l'albumine et les facteurs de coagulation, produit la bile et élimine l'alcool, de nombreux médicaments et la bilirubine. Une maladie du foie peut rester longtemps silencieuse.
Ce que contient un bilan hépatique
- ASAT (aussi notée SGOT ou TGO) et ALAT (aussi notée SGPT ou TGP) : les deux transaminases, des enzymes libérées lorsque des cellules du foie sont abîmées ;
- La gamma-GT (GGT) : une enzyme du foie et des voies biliaires, très sensible mais peu spécifique ;
- Les phosphatases alcalines (PAL) : présentes dans les voies biliaires, mais aussi dans l'os et le placenta ;
- La bilirubine totale, parfois détaillée en bilirubine libre et bilirubine conjuguée ;
- Selon le contexte, l'albumine et le taux de prothrombine (TP) ou l'INR, qui mesurent la fonction de synthèse du foie.
Les enzymes renseignent sur une souffrance du foie ; l'albumine et le TP sur sa capacité à fonctionner. Un foie peut avoir des enzymes élevées tout en fonctionnant normalement.
Pourquoi votre médecin le prescrit
- Bilan de santé ou découverte fortuite ;
- Surveillance d'un traitement qui peut retentir sur le foie (certains antiépileptiques, le méthotrexate, des antituberculeux…) ;
- Facteurs de risque : surpoids, diabète de type 2, consommation d'alcool, hépatite virale connue ou exposition à un risque d'hépatite ;
- Symptômes : fatigue persistante, douleur sous les côtes à droite, démangeaisons, urines foncées, jaunisse.
Valeurs Normales du Bilan Hépatique
Les valeurs ci-dessous sont données à titre indicatif : elles varient selon les laboratoires et la technique utilisée. Votre compte rendu indique toujours ses propres valeurs de référence à côté de votre résultat : ce sont elles qui font foi.
| Marqueur | Valeurs habituelles (adulte) | Ce qu'il reflète |
|---|---|---|
| ALAT (SGPT, TGP) | Homme : < 45 UI/L Femme : < 35 UI/L |
Lésion des cellules du foie (cytolyse) |
| ASAT (SGOT, TGO) | Homme : < 40 UI/L Femme : < 35 UI/L |
Cytolyse (foie, mais aussi muscles et cœur) |
| Gamma-GT (GGT) | Homme : < 55 UI/L Femme : < 40 UI/L |
Voies biliaires, alcool, médicaments, surpoids |
| Phosphatases alcalines (PAL) | 40 à 130 UI/L | Cholestase, ou origine osseuse |
| Bilirubine totale | < 17 µmol/L (jusqu'à 21 selon les laboratoires) | Production et élimination de la bilirubine |
| Bilirubine conjuguée | < 5 µmol/L (selon la technique) | Écoulement de la bile |
| Albumine | 35 à 50 g/L | Synthèse des protéines par le foie |
| TP (taux de prothrombine) | 70 à 100 % | Synthèse des facteurs de coagulation |
Unités et « fois la normale »
Les enzymes s'expriment en UI/L, la bilirubine en µmol/L (1 mg/dL correspond à environ 17,1 µmol/L), l'albumine en g/L et le TP en pourcentage. Les médecins raisonnent souvent en multiples de la limite supérieure de la normale (LSN) : une ALAT à 90 UI/L pour une norme à 45 UI/L correspond à « 2 fois la normale ».
Les PAL sont naturellement plus élevées pendant la croissance et au troisième trimestre de la grossesse. Enfin, une petite partie des personnes en bonne santé se situe légèrement en dehors des normes : c'est la construction même des intervalles de référence.
Transaminases (ASAT, ALAT) : Comprendre la Cytolyse
Quand des cellules du foie sont lésées, elles libèrent leurs transaminases dans le sang : c'est la cytolyse hépatique.
- L'ALAT se trouve surtout dans le foie : c'est le marqueur le plus spécifique d'une atteinte hépatique.
- L'ASAT est aussi présente dans les muscles, le cœur et les globules rouges. Une ASAT élevée isolément peut donc venir des muscles ; le dosage des CPK aide alors à trancher.
ASAT ALAT élevés : que signifie l'intensité ?
| Élévation des transaminases | Situations souvent en cause |
|---|---|
| Légère à modérée (moins de 5 fois la normale) | Stéatose hépatique métabolique, alcool, médicaments, hépatite B ou C chronique, hémochromatose, effort physique récent |
| Importante (5 à 15 fois la normale) | Hépatite aiguë, hépatite médicamenteuse, hépatite auto-immune, migration d'un calcul biliaire |
| Très importante (au-delà de 15 fois la normale) | Hépatite virale aiguë, surdosage en paracétamol, chute brutale de l'irrigation du foie (« foie de choc ») |
Bon à savoir : Des transaminases normales n'excluent pas une maladie du foie. Une stéatose, et même une cirrhose, peuvent s'accompagner d'enzymes normales ou à peine élevées.
Transaminases élevées : les causes les plus fréquentes
- Une stéatose hépatique (« foie gras ») liée au surpoids ou au diabète, aujourd'hui appelée MASLD ;
- La consommation régulière d'alcool, même sans ivresse ;
- Des médicaments ou des compléments : paracétamol à fortes doses, amoxicilline-acide clavulanique, antiépileptiques, statines (élévation souvent modeste), produits « détox » ou à base de plantes ;
- Une hépatite virale chronique B ou C, longtemps silencieuse ;
- Une surcharge en fer (hémochromatose), recherchée par la ferritine et le coefficient de saturation de la transferrine, détaillés dans notre guide du bilan martial ;
- Plus rarement : hépatite auto-immune, maladie cœliaque, maladie de Wilson, déficit en alpha-1 antitrypsine.
Les transaminases s'élèvent aussi, souvent de façon transitoire, au cours d'infections virales (mononucléose, grippe, COVID-19…) et de certaines infections plus rares comme le hantavirus, dont la signature biologique est décrite dans notre guide sur le hantavirus et les analyses de sang.
Le rapport ASAT/ALAT (rapport de De Ritis)
En divisant l'ASAT par l'ALAT, on obtient le rapport ASAT/ALAT. Il ne pose aucun diagnostic, mais il oriente :
- Rapport inférieur à 1 : profil habituel de la stéatose métabolique et des hépatites virales ;
- Rapport supérieur à 2, surtout avec une gamma-GT élevée : profil classiquement évocateur d'une atteinte liée à l'alcool ;
- Rapport supérieur à 1 au cours d'une maladie chronique du foie : peut témoigner d'une fibrose avancée ;
- ASAT prédominante avec CPK élevées : origine musculaire plutôt qu'hépatique.
Exemple : une ASAT à 84 UI/L et une ALAT à 40 UI/L donnent un rapport de 2,1. Ce calcul n'a de sens que si au moins l'une des deux valeurs est anormale.
Gamma-GT et Phosphatases Alcalines : les Marqueurs de la Cholestase
La cholestase désigne un ralentissement ou un blocage de l'écoulement de la bile, dans le foie ou dans les canaux biliaires. Elle se traduit surtout par une hausse des phosphatases alcalines et de la gamma-GT, parfois de la bilirubine conjuguée.
Phosphatases alcalines élevées : foie ou os ?
- PAL élevées et gamma-GT élevée : origine hépato-biliaire probable (cholestase) ;
- PAL élevées et gamma-GT normale : penser à une origine osseuse (croissance, fracture en cours de consolidation, maladie de Paget, carence en vitamine D) ou à la grossesse.
Les causes de cholestase sont variées : calcul dans la voie biliaire principale, compression des voies biliaires, médicaments, cholangite biliaire primitive (recherchée notamment par les anticorps anti-mitochondries) ou cholestase de la grossesse, marquée par des démangeaisons. L'échographie abdominale est l'examen de première intention : elle vérifie si les voies biliaires sont dilatées.
Gamma GT élevée : sensible mais peu spécifique
La gamma-GT augmente lors des cholestases, mais aussi sans maladie biliaire, car sa production est stimulée par l'alcool et certains médicaments. Une gamma-GT haute ne signifie donc pas automatiquement « alcool », et une gamma-GT normale n'exclut pas une consommation excessive.
GGT isolée : les causes à connaître
On parle de GGT isolée lorsque la gamma-GT est élevée alors que les transaminases, les PAL et la bilirubine sont normales. Les causes les plus fréquentes sont :
- La consommation d'alcool : la gamma-GT baisse progressivement en quelques semaines après l'arrêt ;
- Le surpoids, le diabète et la stéatose hépatique ;
- Les médicaments inducteurs enzymatiques, en particulier certains antiépileptiques (carbamazépine, phénytoïne, phénobarbital) ;
- Une cholestase débutante, avant que les PAL ne s'élèvent ;
- Plus rarement : insuffisance cardiaque, pancréatite, tabagisme important.
Votre médecin peut alors proposer un contrôle après quelques semaines sans alcool, regarder le VGM (volume des globules rouges, souvent augmenté en cas de consommation excessive) et demander une échographie ou un bilan métabolique.
Bilirubine : Libre, Conjuguée et Syndrome de Gilbert
La bilirubine est un pigment jaune issu de la dégradation de l'hémoglobine des globules rouges âgés. Elle circule d'abord sous forme libre (non conjuguée), puis le foie la transforme en bilirubine conjuguée pour l'éliminer dans la bile. Quand elle s'accumule, la peau et le blanc des yeux jaunissent : c'est l'ictère, ou jaunisse.
Bilirubine libre élevée et syndrome de Gilbert
Une hausse à prédominance libre s'explique le plus souvent par un syndrome de Gilbert, plus rarement par une hémolyse (destruction accélérée des globules rouges, avec en général anémie, LDH élevées et haptoglobine effondrée).
Le syndrome de Gilbert est une particularité génétique fréquente et bénigne : l'enzyme qui conjugue la bilirubine fonctionne un peu moins bien. La bilirubine libre est modérément élevée et fluctuante, alors que les transaminases, les PAL et la gamma-GT sont normales. Elle monte volontiers après un jeûne, un manque de sommeil, un effort intense ou une infection, avec parfois un léger jaunissement passager des yeux.
Ce n'est pas une maladie du foie : aucun traitement n'est nécessaire. Il reste utile de le signaler à vos médecins, car quelques médicaments, comme l'irinotécan utilisé en cancérologie, sont moins bien éliminés en cas de syndrome de Gilbert.
Bilirubine conjuguée élevée
Une élévation à prédominance conjuguée traduit un problème d'élimination de la bile : cholestase ou atteinte importante du foie (hépatite aiguë, cirrhose). Elle s'accompagne souvent d'urines foncées, de selles décolorées et de démangeaisons, et justifie toujours un avis médical rapide.
Albumine et TP : Mesurer la Fonction du Foie
- L'albumine est fabriquée exclusivement par le foie. Elle baisse dans les maladies chroniques évoluées du foie, mais aussi en cas de dénutrition, d'inflammation ou de fuite urinaire ou digestive de protéines. Pour aller plus loin, consultez notre guide des protéines sériques et de l'albumine.
- Le TP dépend de facteurs de coagulation fabriqués par le foie. Il baisse en cas d'insuffisance hépatique, mais aussi en cas de carence en vitamine K ou sous anticoagulant de type AVK ; le dosage du facteur V, indépendant de la vitamine K, aide à faire la différence. L'INR sert surtout à surveiller les AVK.
Signal d'alarme : Au cours d'une hépatite aiguë, un TP qui passe sous 50 % est un signe de gravité qui nécessite une prise en charge hospitalière rapide.
Cytolyse, Cholestase ou Profil Mixte : Lire Votre Bilan Hépatique
Pour interpréter un bilan hépatique perturbé, les médecins commencent par identifier le profil dominant :
| Profil | Marqueurs surtout élevés | Exemples de causes |
|---|---|---|
| Cytolyse | ALAT et ASAT | Stéatose, hépatites virales, alcool, médicaments |
| Cholestase | PAL et gamma-GT, parfois bilirubine conjuguée | Calcul ou obstacle biliaire, médicaments, cholangites |
| Profil mixte | Transaminases et PAL | Hépatites médicamenteuses, migration d'un calcul |
| Bilirubine isolée | Bilirubine libre seule | Syndrome de Gilbert, hémolyse |
| GGT isolée | Gamma-GT seule | Alcool, surpoids, médicaments inducteurs |
Le rapport R : classer l'atteinte
Utilisé notamment lorsqu'un médicament est suspecté, le rapport R compare l'ALAT et les PAL, chacune exprimée en multiple de sa limite supérieure de la normale :
R = (ALAT ÷ LSN de l'ALAT) ÷ (PAL ÷ LSN des PAL)
- R ≥ 5 : atteinte hépatocellulaire (cytolytique) ;
- R ≤ 2 : atteinte cholestatique ;
- R entre 2 et 5 : atteinte mixte.
Exemple : une ALAT à 300 UI/L (LSN 45, soit 6,7 fois la normale) et des PAL à 150 UI/L (LSN 130, soit 1,15 fois la normale) donnent un rapport R d'environ 5,8 : profil cytolytique.
Stéatose Hépatique (MASLD) et Score FIB-4
La stéatose hépatique est une accumulation de graisse dans le foie. Lorsqu'elle est liée au surpoids, au diabète de type 2, à l'hypertension ou à des anomalies des lipides, on parle désormais de MASLD (maladie stéatosique du foie associée à un dysfonctionnement métabolique). Ce terme a remplacé en 2023 l'ancien sigle NAFLD, et la forme inflammatoire autrefois appelée NASH se nomme désormais MASH.
La MASLD donne typiquement des transaminases légèrement élevées, avec une ALAT supérieure à l'ASAT, mais elle peut aussi exister avec un bilan normal. Le plus souvent, elle n'évolue pas vers une atteinte grave : l'enjeu est de repérer une fibrose (cicatrisation progressive du foie) pouvant aboutir à une cirrhose.
Le score FIB-4 : calcul et seuils
Le FIB-4 estime la probabilité d'une fibrose avancée à partir d'examens courants :
FIB-4 = (âge × ASAT) ÷ (plaquettes × √ALAT)
L'âge est exprimé en années, l'ASAT et l'ALAT en UI/L et les plaquettes en G/L. Les seuils retenus par les recommandations européennes de l'EASL sont :
- FIB-4 inférieur à 1,30 : faible probabilité de fibrose avancée ; une réévaluation périodique suffit en général ;
- FIB-4 entre 1,30 et 2,67 : zone intermédiaire ; un second test est recommandé, le plus souvent une élastométrie (mesure de la dureté du foie) ;
- FIB-4 supérieur à 2,67 : probabilité élevée de fibrose avancée ; un avis auprès d'un hépato-gastroentérologue est conseillé.
Exemple : une personne de 58 ans avec une ASAT à 42 UI/L, une ALAT à 49 UI/L et 210 G/L de plaquettes obtient un FIB-4 d'environ 1,66, en zone intermédiaire.
Le FIB-4 est peu fiable avant 35 ans et augmente mécaniquement avec l'âge : après 65 ans, certaines recommandations relèvent le seuil bas à 2,0. Il ne s'utilise pas au cours d'une hépatite aiguë.
Bilan Hépatique à Jeun, Médicaments, Alcool, Sport : ce qui Fausse les Résultats
- Le jeûne : le bilan hépatique seul n'exige pas de jeûne strict, mais il est souvent associé à une glycémie ou à un bilan lipidique qui le nécessitent. Un jeûne prolongé fait monter la bilirubine en cas de syndrome de Gilbert.
- Les médicaments et compléments : signalez tous vos traitements, y compris sans ordonnance. Ne modifiez jamais un traitement de vous-même à cause d'un résultat.
- L'alcool : une consommation régulière, même sans ivresse, suffit à faire monter la gamma-GT. Les repères de Santé publique France sont : pas plus de 10 verres standard par semaine, pas plus de 2 verres par jour, et des jours sans consommation.
- Le sport : un effort intense dans les jours précédents peut augmenter l'ASAT, parfois l'ALAT, et les CPK, sans maladie du foie. Évitez si possible les entraînements très intenses dans les deux à trois jours avant un contrôle.
- L'hémolyse du prélèvement : des globules rouges abîmés dans le tube peuvent faussement augmenter l'ASAT ; le laboratoire le signale en général.
- La grossesse : les PAL augmentent normalement, mais pas les transaminases ; une hausse des transaminases ou de la bilirubine pendant la grossesse mérite un avis rapide.
Bilan Hépatique Perturbé : Quand Consulter et Que Faire ?
Les situations qui imposent de consulter rapidement
Contactez votre médecin le jour même, ou appelez le 15 en cas de signe de gravité, si un bilan anormal s'accompagne de :
- Jaunisse d'apparition récente, surtout avec fièvre, frissons ou douleur sous les côtes à droite ;
- Confusion, somnolence inhabituelle, saignements ou bleus spontanés ;
- Vomissements de sang ou selles noires ;
- Transaminases très élevées (plus de 10 à 15 fois la normale) ou TP inférieur à 50 % sans traitement anticoagulant ;
- Anomalie hépatique pendant la grossesse, surtout avec démangeaisons ou hypertension.
Paracétamol : une urgence à part. En cas de prise excessive de paracétamol, appelez immédiatement le 15 ou un centre antipoison, même sans aucun symptôme et même si un bilan récent était normal : le traitement est d'autant plus efficace qu'il est donné tôt.
Dans les autres cas : une démarche par étapes
- Contrôler le bilan après quelques semaines, en corrigeant ce qui peut le fausser (alcool, effort, médicament récent) ;
- Identifier le profil : cytolyse, cholestase, profil mixte, GGT isolée ou bilirubine isolée ;
- Rechercher les causes fréquentes : sérologies des hépatites B et C, ferritine et coefficient de saturation, glycémie et bilan lipidique, CPK selon le contexte ;
- Réaliser une échographie abdominale ;
- Évaluer la fibrose par le FIB-4, puis si besoin par une élastométrie ;
- Demander un avis spécialisé si l'anomalie persiste sans explication, si une fibrose est probable ou si un examen est anormal.
Si votre prise de sang comporte aussi une créatinine, notre guide sur la créatinine et la fonction rénale vous donnera les repères utiles.
Questions à poser à votre médecin traitant
- Mon anomalie correspond-elle à une cytolyse, à une cholestase ou à un autre profil ?
- De combien de fois la normale mes valeurs sont-elles élevées ?
- Faut-il refaire le bilan, et dans quel délai ?
- Un de mes médicaments ou compléments peut-il être en cause ?
- Quel est mon score FIB-4 ? Ai-je besoin d'une échographie ou d'une élastométrie ?
Interpréter Son Bilan Hépatique avec l'Intelligence Artificielle
Entre la réception des résultats et la consultation, un outil d'intelligence artificielle spécialisé peut vous aider à lire votre compte rendu : quels marqueurs sont hors norme, de combien, et à quel profil ils correspondent. Nous avons testé plusieurs solutions dans notre comparatif des outils IA pour interpréter une prise de sang.
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Questions Fréquentes sur le Bilan Hépatique (FAQ)
Faut-il être à jeun pour un bilan hépatique ?
Le bilan hépatique seul ne nécessite pas de jeûne strict, mais il est souvent prescrit avec une glycémie ou un bilan lipidique qui, eux, demandent d'être à jeun. Suivez la consigne du laboratoire, en général une nuit à jeun avec de l'eau autorisée, et évitez l'alcool et les efforts très intenses dans les jours qui précèdent.
Des transaminases un peu élevées, est-ce grave ?
Le plus souvent, non : une élévation légère s'explique souvent par une stéatose, l'alcool, un médicament ou un effort récent. Elle doit néanmoins être contrôlée après quelques semaines et, si elle persiste, explorée par votre médecin.
Le syndrome de Gilbert est-il dangereux ?
Non. Le syndrome de Gilbert est une particularité génétique bénigne qui entraîne une hausse modérée de la bilirubine libre, surtout en cas de jeûne, de fatigue ou d'infection. Il ne nécessite aucun traitement, mais il est utile de le signaler à vos médecins.
Combien de temps faut-il pour normaliser un bilan hépatique ?
Cela dépend de la cause. Après l'arrêt de l'alcool, la gamma-GT baisse en quelques semaines ; après l'arrêt d'un médicament en cause, il faut compter de quelques semaines à quelques mois. En cas de stéatose, une perte de poids progressive améliore souvent les transaminases.
Peut-on avoir une maladie du foie avec un bilan hépatique normal ?
Oui. Une stéatose, une hépatite virale chronique ou même une fibrose avancée peuvent s'accompagner de transaminases normales. En cas de facteurs de risque (diabète, surpoids, alcool, exposition aux hépatites), votre médecin peut proposer une échographie, des sérologies ou le calcul du score FIB-4 malgré un bilan normal.
Le bilan hépatique est-il remboursé ?
Oui, lorsqu'il est prescrit par un médecin, il est pris en charge par l'Assurance Maladie comme les autres analyses de biologie, le reste pouvant être couvert par votre complémentaire santé. Sans ordonnance, il reste à votre charge.
Conclusion
Le bilan hépatique se lit comme un ensemble : les transaminases signalent une cytolyse, la gamma-GT et les phosphatases alcalines une cholestase, la bilirubine renseigne sur l'élimination de la bile, et le score FIB-4 aide à repérer une fibrose. Le plus souvent, une anomalie appelle une démarche calme et progressive ; une jaunisse récente, une confusion ou une prise excessive de paracétamol restent en revanche des urgences.
Pour préparer votre consultation, vous pouvez obtenir une première lecture pédagogique de vos résultats avec Kantesti, puis en discuter avec votre médecin traitant, qui reste votre interlocuteur de référence.
Liens utiles
- Notre guide : Interprétation de prise de sang
- Guide des protéines sériques : albumine et globulines
- Guide du bilan martial : ferritine et fer
- Mon Bilan Sang - Accueil
Ressources officielles de santé
- Ameli.fr - Assurance Maladie
- HAS - Haute Autorité de Santé
- SNFGE - Société nationale française de gastro-entérologie
- AFEF - Association française pour l'étude du foie
- EASL - European Association for the Study of the Liver
- Santé publique France
Avertissement médical : Ce guide fournit des informations éducatives sur le bilan hépatique. Les valeurs de référence citées sont indicatives et varient selon les laboratoires et la technique utilisée. Ces informations ne remplacent pas une consultation médicale : consultez toujours votre médecin pour l'interprétation de vos résultats et toute décision thérapeutique. En cas de jaunisse, de confusion, de saignements ou de prise excessive de paracétamol, consultez en urgence ou appelez le 15.